andre_berrogain

Préface

Tout a débuté en 1979 par la technologie

Je m’occupais des parties techniques et commerciales au sein de l’entreprise familiale. Notre besoin de réaliser des des essais laboratoires sur des produits nous a amenés à nous tourner vers le CETRA (Centre technique de la région aquitaine), mis en place en 1979 par le groupe Elf et animé par Elias Agouri. Nous avons appris à nous connaître, avons échangé sur des problèmes techniques.

En 1981, j’ai pris les rênes d’EMAC. En même temps, Elias Agouri s’est trouvé projeté au sein de l’association Adour Automatismes, devenu Adour compétitivité puis Ideso, pour aider les PME à se développer.

« L’immatériel est la plus forte source de valeur ajoutée pour une PME ». Le propos sonne comme une évidence sur les lèvres d’André Berrogain. L’ancien dirigeant d’EMAC, entreprise basque spécialisée dans le travail de caoutchoucs et polymères, est convaincu que l’approche sur l’immatériel l’a aidé à de multiples reprises. De sa reprise d’entreprise à son développement jusqu’à sa transmission… l’immatériel a été synonyme de réussite. Une approche qu’il ne manque pas de partager.

Intrigués au départ

Si les premières pistes de développement ont été abordées sous le prisme de l’automatisation de la production, c’est une collaboration conjointe entre deux associations, celles menées par Elias Agouri (Adour Compétitivité) et l’autre par Raymond Monedi (l’ASDIPPE*), qui nous a engagés sur la voie de l’immatériel. En mixant les approches liées à l’automatisation et aux ressources humaines, les dirigeants locaux ont été interpellés. Je me souviens des premières rencontres où 50 à 60 dirigeants locaux se retrouvaient. Nous étions tous intrigués par ces nouvelles pratiques. S’en est suivie une formation avec une dizaine de dirigeants. La première rencontre avait pour thème la méditation! Au final, deux-trois ans après, nous nous sommes retrouvés et avons fait le constat que l’on avait progressé dans nos pratiques managériales mais aussi dans les résultats de nos entreprises. Du coup, nous n’avons pas lâché. Voilà comment la démarche sur l’immatériel a démarré.

À titre personnel, je l’ai utilisée dès mes premiers pas de dirigeants, puis tout au long de ma vie professionnelle avec des points réguliers, chaque trimestre, des plans d’actions (issus des diagnostics CIME) qui s’étalaient sur 10 ans à l’époque, jusqu’au moment de la transmission de l’entreprise à deux de ses salariés. Et aujourd’hui EMAC continue à avancer. Ce qui m’a le plus impacté d’un point de vue investissement immatériel, ce sont les pratiques managériales. Nous avons fait évoluer les compétences et savoir être des managers et salariés pour faire progresser l’entreprise ».

L'investissement immatériel

Un investissement immatériel sur lequel certains dirigeants s’interrogent. « Tout le monde se dit, pourquoi cette entreprise marche très bien. Aujourd’hui on voit des conférences sur l’entreprise libérée. On est en plein dedans. L’immatériel gagne du terrain, convainc ceux qui étaient encore sceptiques. La démarche, particulièrement bien adaptée aux PME, nécessite toutefois des valeurs. Le dirigeant est face à une responsabilité, celle de favoriser la réussite de son entreprise. Il doit savoir faire preuve d’humilité au départ, accepter de mettre sur la table ses problèmes, échanger.

C’est à partir de là qu’on arrive à analyser, à trouver des solutions. L’investissement immatériel repose aussi sur des partenaires avec qui l’on est en confiance, dont on est sûr d’avoir la confidentialité sur les informations qui seront données.

Autant de valeurs qui font la réussite de la démarche » explique-t-il tout en soulignant que si les écoles de commerce s’ouvrent de plus en plus à des conférences sur le sujet, la sensibilisation reste marginale et demeure en dehors des programmes.

Même s’il a récemment passé la main à la tête d’EMAC, André Berrogain tient désormais ce discours aux cédants et repreneurs qu’il accompagne, histoire de faire partager sa longue et belle expérience et d’ encourager les dirigeants à s’ouvrir sur ces bonnes pratiques